Pourquoi effectuer des croisements?

L’hybridation ou tout simplement le croisement entre deux races différentes permet de faire ressortir les avantages de l’hétérosis (Gagnon 2000).

L’hétérosis est un phénomène génétique nommé « vigueur hybride » qui permet à la progéniture d’avoir une performance moyenne supérieure à la moyenne de ces deux parents (Getz 1999).

La vigueur hybride

Le croisement permet de créer une vigueur hybride qui se traduit par une amélioration de la performance et de la productivité. Cette productivité se mesure en fonction de la prolificité des chèvres (nombre de chevreaux nés / mise bas), de l’intensité de la production (c’est-à-dire l’intervalle entre les mise bas, le nombre de mise bas / an pour une chèvre) et du pourcentage de mortalité à la naissance (Charest, 2002).

Dans toute production de boucherie, les croisements ont comme but d’améliorer la performance, la productivité et le rendement afin d’amener une réduction des coûts de production.

Selon Gipson (1999), les plus grandes femelles produisent de plus gros chevreaux mais elles requièrent également une diète plus riche pour se maintenir et se reproduire. De plus, les plus grandes femelles ne sont pas nécessairement les plus productives.

Par conséquent, l’industrie de la chèvre de boucherie doit être prudente dans la détermination de ses objectifs de production, c’est-à-dire qu’il est préférable de mettre l’emphase sur la productivité plutôt que sur la taille des chèvres maternelles à croiser.

Les races paternelles ou terminales

Mitcham, S et A. Mitcham (2000) mentionnent qu’une production commerciale de chevreaux de boucherie typique s’efforce à privilégier des chèvres de taille moyenne, rustiques, à longévité élevée, très maternelles, fertiles, très prolifiques, bonnes laitières et une progéniture très vigoureuse.

Ces auteurs disent également que les boucs paternels ou terminaux doivent être sélectionnés pour leur croissance et leur conformation bouchère.

Chesnais, Zybko & Blouin (2002) décrivent très bien ce que signifie races maternelles et prolifiques, races paternelles ou terminales?

En fait, une race maternelle signifie que cette race est orientée vers la productivité des femelles tout en considérant une conformation bouchère supérieure aux animaux de races laitières.

Toutefois cette conformation bouchère doit être développée d’une manière équilibré et non pas à outrance puisqu’il existe une relation inversement proportionnelle entre la forte musculature et la productivité. C’est-à-dire que plus une chèvre a une forte conformation bouchère moins cette animal sera productif.

Par conséquent, ces chèvres de race maternelle sont la base même d’un troupeau commercial étant donné leur faible coût d’entretien, leur forte productivité et leur affinité bouchère équilibré. Alors qu’une race prolifique, c’est une race qui a été sélectionnée pour sa fécondité et sa prolificité, tout simplement pour le nombre de chevreaux nés par mise bas et pour le court intervalle entre mise bas. Cette chèvre n’aura pas de conformation bouchère proprement dite.

Pour terminer, une race paternelle ou terminale, c’est une race dont la sélection mise sur les caractères très masculins d’où le terme paternel. La sélection est orientée donc vers la conformation bouchère extraordinaire et une très forte croissance des chevreaux. En fait, cette race sera utilisée en croisement final, c’est pourquoi qu’on dit aussi race terminale.

En conclusion, un système de croisement exige la recherche des races maternelles et paternelles qui permettront d’obtenir le maximum de vigueur hybride afin de maximiser le rendement de la production.

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