Les races de chèvre de boucherie

Boer

La chèvre Boer est la chèvre de boucherie la plus connue au Québec. En effet, on la retrouve aux quatre coins de la province. Plusieurs éleveurs l’apprécient pour ses aptitudes bouchères et son «coup d’œil» impressionnant! Quand on parle de chèvres de boucherie, c’est la première qui nous vient en tête. On la retrouve dans plusieurs expositions agricoles et c’est cette race qui a permis le développement de la production caprine de boucherie au Québec.

La chèvre Boer améliorée

Elle est apparue au début des années 1900 lorsque des éleveurs en Afrique du Sud ont commencé à sélectionner pour une chèvre démontrant une bonne conformation bouchère, une croissance et une prolificité élevées, une bonne qualité de carcasse, un pelage court principalement blanc sur le corps et rouge (variant de cannelle à presque noir) sur la tête et le cou. On peut aussi la voir toute rouge, toute noire et même de couleur foncée et « spottée » blanche (dappled)!

C’est en 1993 que la Boer est apparue au Canada. Elle fût importée pour la boucherie. Cette pionnière est à l’origine d’une industrie en constante croissance. La majorité des éleveurs l’utilise dans l’élevage pur-sang mais de plus en plus de producteurs l’utilisent dans leurs croisements avec d’autres races bouchères et même laitières. Les éleveurs affectionnent son gain de poids exceptionnel et sa docilité. Ses oreilles sont pendantes et son nez est assez arrondi (nez romain) ou busqué. Ses cornes sont rondes et courbées vers l’arrière. Par contre, comme c’est une race de chèvre dite paternelle ou terminale, elle n’est pas réputée pour ses caractéristiques maternelles. En effet, on peut comparer cette race à la race Suffolk dans l’ovin, à la race Duroc dans le porc et à la race Charolaise dans le bovin de boucherie.

C’est l’Association Canadienne de la Chèvre de Boucherie (ACCB/CMGA) qui enregistre les animaux et régis les standards de la race au Canada.

Savannah

Relativement rare en Amérique, cette race gagne en popularité. La population de cette race est évaluée à près de 20 000 individus en Afrique du Sud. Très peu d’éleveurs au Canada en font l’élevage.

La race a été développée en Afrique du Sud. Elle ressemble à la race Boer en raison de sa conformation (morphologie) et de ses caractéristiques bouchères. Par contre, la Savannah est réputée être un peu plus maternelle et beaucoup plus résistante aux parasites externes. Cela est dû à sa peau épaisse et plissée.

Sa conformation

Il s’agit d’une chèvre blanche entièrement pigmentée. Les régions sans poils sont brunes à noire lui permettant ainsi une protection inégalée contre les rayons ultra-violets. La couleur blanche étant dominante dans les croisements, cette race permet à plusieurs éleveurs commerciaux d’augmenter leur rendement carcasse tout en conservant une chèvre de couleur blanche privilégiée pour certaines ethnies.

Comme cette race a été développée sous des conditions extrêmes, elle se développe bien même sous des conditions peu favorables. Les petits ont un excellent gain de poids et leur développement musculaire est remarquable. Les chèvres présentent peu de problèmes reliés aux membres, puisqu’elles se déplacent grâce à une forte ossature et leurs sabots sont rigides.

C’est le North American Savannah Associations (NASA) qui enregistre les animaux et régis les standards de la race en Amérique du Nord.

Kiko

Il s’agit de la deuxième race bouchère en importance au Québec. Elle gagne en popularité d’année en année. Le mot « kiko » a été utilisé traditionnellement par les indigènes de la Nouvelle-Zélande, les Maoris, pour décrire les animaux de boucherie. La chèvre Kiko a été développée en Nouvelle-Zélande par la sélection des meilleures et des plus fertiles chèvres sauvages de ce pays au niveau de leur capacité de production de viande améliorée dans des conditions de pâturages naturels où le broutement arbustif est important. Ces chèvres ont été croisées avec des boucs de races laitières (Anglo-Nubiennes, Saanen et Toggenbourg). Après plusieurs années de sélection intensive, ils en sont venus à créer une race très maternelle et rustique. Elle est utilisée de plus en plus dans le modèle commercial en la croisant avec des boucs Boer. On peut aussi l’utiliser en croisement hybride maternel avec les races Tenessee et Nubiennes afin de créer une femelle hybride comme base de troupeaux commerciaux.

Ses caractéristiques

Le taux de croissance est probablement la caractéristique qui définit le mieux la race Kiko. Possédant de bonnes aptitudes maternelles, la chèvre Kiko obtient en moyenne 2 chevreaux par chevrotage. Les chevreaux présentent une vigueur impressionnante. Ils se lèvent rapidement sur leurs pattes suite à la naissance. La chèvre Kiko peut être maintenue sous des conditions d’élevage extensif dans des milieux ouverts broussailleux. Elles n’ont pas besoin d’être soutenues par de grandes quantités de concentrés. Leur coût d’entretien en est ainsi réduit. Par contre, leur rusticité et leurs caractéristiques maternelles en font des chèvres plutôt craintives et agitées. Malgré leur croissance rapide, elles ne sont pas réputées être aussi massives que d’autres races plutôt paternelles. Elles peuvent être maintenues dehors, à l’année, puisque certaines lignées produisent un sous-poil de « type cachemire ». Caractéristique provenant de leurs ancêtres.

Les boucs matures possèdent des cornes distinctives en spirale et de grande envergure. Les oreilles de la Kiko sont placées assez hautes, de largeur moyenne et longueur modérée, non pendantes et non dressées. Son museau est bien proportionné, ni convexe ni concave. La densité de son pelage peut varier en fonction des conditions climatiques et il y a une variation marquée entre le pelage d’été et d’hiver. La couleur prédominante de sa robe est le blanc, mais toute autre couleur est retrouvée.

C’est l’Association Canadienne de la Chèvre de Boucherie (ACCB/CMGA) qui enregistre les animaux et régis les standards de la race au Canada.

Vous êtes intéressé par l’élevage de la chèvre de boucherie?